NanoClaw n'a pas de fonctionnalités (et c'est tant mieux)

3 mars 2026 · Gavriel Cohen

NanoClaw est petit. NanoClaw est AI-native. NanoClaw est léger.

NanoClaw n’a pas de fonctionnalités.

Dès le départ, les agents NanoClaw sont performants. Ils peuvent rechercher et naviguer sur le web, lire et écrire des fichiers, installer des outils en ligne de commande et conserver leur mémoire d’une session à l’autre. La fondation est puissante.

Mais les fonctionnalités qui connectent un assistant IA à votre vie quotidienne — comme la messagerie via Telegram, WhatsApp, Discord ou Slack, l’intégration Gmail, la transcription vocale, et bien d’autres… j’ai conçu NanoClaw fièrement et délibérément sans aucune d’entre elles.

Au lieu de livrer des fonctionnalités, NanoClaw utilise des skills. Les skills sont des ensembles d’instructions qui apprennent à Claude Code comment faire quelque chose. Dans NanoClaw, nous utilisons les skills pour apprendre à Claude comment modifier votre codebase afin d’ajouter de nouvelles capacités. Vous lancez un skill, Claude lit les instructions, écrit le code, et votre NanoClaw gagne une nouvelle fonctionnalité adaptée à votre configuration.

Andrej Karpathy l’a formulé ainsi après avoir utilisé NanoClaw lui-même : « écrire le repo le plus forkable possible, puis utiliser des skills pour le transformer en n’importe quelle configuration plus exotique souhaitée. »

Un skill a deux couches : un fichier markdown qui explique comment l’intégration doit fonctionner et ce qui doit être fait, et un ensemble de fichiers de code qui fournissent une implémentation de référence. Quand vous lancez un skill, Claude lit les instructions et fusionne le code de référence dans votre codebase. Sur une installation vierge, n’importe quel skill s’applique proprement. Si vous avez déjà des personnalisations ou d’autres skills appliqués, Claude gère la fusion, résolvant les conflits entre le nouveau code et ce qui est déjà en place. Le résultat, c’est que le NanoClaw de chaque utilisateur devient un outil unique et personnalisé.

Nous avons des skills pour chacune des plateformes de messagerie, pour Gmail, pour la transcription vocale, et pour la configuration générale, le débogage et la personnalisation. Mais la vraie puissance, c’est que n’importe qui peut en contribuer de nouveaux.

Imaginons que quelqu’un veuille que son NanoClaw gère sa musique. Il travaille avec Claude pour construire une intégration avec Spotify. Une fois que ça fonctionne, il peut contribuer un skill Spotify qui apprend aux NanoClaw des autres utilisateurs comment gérer l’intégration de base : utiliser l’API Spotify, comment se connecter, et ainsi de suite.

Mais le skill ne couvre que cette intégration de base. L’implémentation réelle est sur-mesure pour chaque utilisateur final. Si une personne a seulement besoin de lire ses playlists existantes, elle peut demander à Claude d’ajouter cette capacité. Si une autre veut modifier la vitesse de lecture de ses podcasts, elle peut le faire à la place. Pas besoin d’écrire de la logique pour des appels API que vous ne ferez jamais.

C’est un nouveau modèle de logiciel ultra-personnalisé, où chacun dispose uniquement de l’ensemble précis de fonctionnalités dont il a besoin dans son propre dépôt forké, sans des masses de code non voulu et inutilisé. Votre assistant évoluera au fur et à mesure que vos besoins et workflows changent, ou si vous avez simplement une nouvelle idée pour quelque chose de cool.

Et parce que vous n’avez que du code que vous avez choisi d’ajouter, vous pouvez réellement lire et auditer l’intégralité de votre codebase. Un agent monolithique avec 400 000 lignes de code expose toute sa surface d’attaque, que vous utilisiez deux fonctionnalités ou vingt. Avec les skills, la frontière est claire : quelques milliers de lignes, et elles sont toutes à vous. J’ai écrit plus en détail sur pourquoi c’est important dans Ne faites pas confiance aux agents IA.

Karpathy a abordé cette idée de logiciel sur-mesure dans un fil séparé, décrivant un futur où l’app store d’applications distinctes parmi lesquelles on choisit est un concept de plus en plus dépassé, remplacé par des services AI-native orchestrés en applications hautement personnalisées et éphémères. Il a construit un tableau de bord de suivi cardio personnel en une heure, ce qui aurait pris dix heures il y a deux ans, et a noté que la vraie question est de savoir ce qui doit être en place pour que ça ne prenne qu’une minute.

C’est la direction dans laquelle NanoClaw est orienté.

L’IA rend ce type de logiciel personnalisable et sur-mesure possible.

NanoClaw le rend viable, en fournissant le cœur, la fondation à partir de laquelle construire, avec un design solide, une architecture robuste et un modèle de sécurité fort.

Les skills le rendent simple, en partageant ce qui fonctionne et en aidant les autres à le faire fonctionner pour eux.

Le futur, c’est le logiciel sans fonctionnalités. C’est un logiciel qui utilise l’IA comme Claude et les skills pour offrir à chaque utilisateur l’expérience sur-mesure dont il a besoin, sans aucun surplus ni gaspillage.

NanoClaw nous donne un premier aperçu de ce futur dès aujourd’hui.